L’addiction est souvent perçue comme un problème de volonté ou un échec moral, mais Gabor Maté, médecin et expert en traumatismes et dépendance, propose une perspective différente : l’addiction n’est pas un choix individuel, mais un mécanisme de survie né de la souffrance et des déséquilibres neurobiologiques.
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Selon Gabor Maté, la dépendance ne concerne pas la substance ou le comportement en lui‑même, mais la souffrance qu’ils cherchent à masquer. L’addiction peut prendre de nombreuses formes :
• Substances (alcool, drogues, nicotine)
• Comportements (jeux d’argent, alimentation compulsive, achats impulsifs, réseaux sociaux)
Maté définit la dépendance comme « tout comportement dont une personne ne peut pas se détacher malgré ses conséquences négatives, parce qu’il lui procure un soulagement à court terme ».
Maté explique l’addiction par une combinaison de neurobiologie, traumatismes et influences sociales.
1. Le rôle des neurotransmetteurs
• Dopamine – le cerveau dépendant possède un système de récompense déséquilibré. Les drogues ou comportements addictifs augmentent rapidement la dopamine, créant un plaisir intense, mais le cerveau finit par nécessiter des
doses croissantes pour obtenir le même effet
• Endorphines – les personnes dépendantes ont souvent un faible niveau d’endorphines, ce qui les rend plus vulnérables à la recherche de réconfort artificiel
2. Le lien entre traumatisme et addiction
Maté affirme que les traumatismes précoces jouent un rôle essentiel dans le développement de la dépendance. Les enfants ayant vécu de la négligence, des abus ou un manque d’attachement parental peuvent développer un cerveau davantage prédisposé à rechercher du soulagement dans des substances ou des comportements nocifs.
Exemple : Une personne ayant grandi dans un environnement dépourvu d’affection peut découvrir que les drogues procurent temporairement un sentiment de sécurité et d’appartenance.
3. Le rôle de l’environnement social
• Une société basée sur le stress, la compétition et le manque de connexion émotionnelle augmente le risque d’addiction
• Maté soutient que la solution réelle n’est pas de punir les personnes dépendantes, mais de créer un environnement où elles se sentent en sécurité et connectées
Maté propose une approche fondée sur la compassion, la compréhension et la reconnexion émotionnelle :
Guérison du traumatisme : la thérapie et le soutien émotionnel aident les personnes dépendantes à comprendre leur souffrance
Mindfulness et auto‑réflexion : la conscience des émotions et des pensées réduit les comportements impulsifs
Connexion humaine : les relations authentiques et le soutien social sont essentiels au processus de rétablissement
Dans la vision de Gabor Maté, l’addiction n’est pas un problème de choix, mais une réponse à la douleur émotionnelle. Plutôt que de condamner les personnes dépendantes, nous devrions nous demander : « Pourquoi cette personne souffre‑t‑elle ? » En offrant soutien et compassion, nous pouvons aider le cerveau dépendant à retrouver un chemin vers la guérison.