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L’expérience de la dissociation et comment une dissociation saine contribue à la formation d’un sentiment équilibré du soi

Lorsque vous entendez le terme « dissociation », vous pouvez penser à déconnexion ou à traumatisme. Pourtant, la dissociation n’est pas toujours un phénomène négatif.

Elle fait partie des mécanismes d’un esprit sain et adaptable. Elle nous aide à naviguer plus facilement entre les différents rôles que nous assumons dans la vie – professionnels, personnels ou sociaux – sans être submergés par des pensées ou émotions contradictoires.

Lorsque le mécanisme de dissociation est équilibré, il nous aide à traverser aisément les défis de la vie. Toutefois, lorsqu’il est trop fort ou insuffisant, il peut entraîner des difficultés. Une dissociation excessive peut provoquer un sentiment de fragmentation, comme dans des troubles tels que le trouble de la personnalité borderline (TPB) ou le SSPT. À l’inverse, une dissociation trop faible peut conduire à une rigidité, rendant difficile l’adaptation à de nouvelles situations ou l’acceptation de perspectives différentes.

L’expérience de la dissociation et comment une dissociation saine contribue à la formation d’un sentiment équilibré du soi Freepik

La dissociation comme outil pour faire face aux exigences de la vie

La dissociation n’est pas seulement un mécanisme de défense, mais aussi un outil qui nous aide à faire face aux exigences quotidiennes. En la comprenant, nous pouvons reconnaître son rôle dans la promotion de la résilience et le maintien de l’équilibre intérieur.

La dissociation représente essentiellement la manière dont l’esprit compartimente les expériences.

La dissociation saine

Elle intervient lorsqu’une émotion, une pensée ou un souvenir devient trop accablant pour être géré sur le moment. Par exemple, un parent peut mettre temporairement de côté la panique pour réconforter un enfant en difficulté, ou un chirurgien peut rester concentré pendant une opération, en repoussant la peur à plus tard.

Cette dissociation saine nous aide à fonctionner dans des situations stressantes, nous permettant de nous concentrer sur les tâches immédiates et de reporter le traitement émotionnel.

La dissociation ne se limite pas à la survie ; elle joue également un rôle essentiel dans la vie quotidienne, nous permettant de passer entre ce que le psychanalyste Philip Bromberg appelle les états du soi. Celles-ci représentent des facettes distinctes de notre personnalité qui se manifestent selon le contexte – par exemple, l’ami empathique, le leader déterminé ou le frère/sœur joueur/joueuse. Une dissociation saine coordonne ces états, assurant harmonie et équilibre intérieur.

La dissociation crée une frontière qui nous permet de fonctionner efficacement dans divers rôles tout en préservant notre sens fondamental du soi.

Trop peu de dissociation : le défi de la rigidité

Sans un niveau adéquat de dissociation, les personnes peuvent rester bloquées dans un seul état du soi, ce qui complique l’adaptation à des circonstances changeantes. Cela peut se manifester sous forme de :

• Pensée rigide – difficulté à abandonner les routines ou à gérer les situations ambiguës
• Submersion émotionnelle – sentiment de paralysie face à des émotions conflictuelles
• Perfectionnisme – besoin excessif de contrôle, souvent épuisant

Imaginez une personne qui aborde chaque situation avec la même intensité, que ce soit au travail ou à la maison. Ce manque de flexibilité peut rendre les relations et le développement personnel étouffants.

Trop de dissociation : le risque de fragmentation

À l’inverse, une dissociation excessive peut amener les individus à se sentir déconnectés ou fragmentés. Chez les personnes atteintes de trouble de la personnalité borderline (TPB), cela peut inclure :

• Un sentiment d’engourdissement lors de situations stressantes
• Une identité fluctuante, se sentant comme des personnes entièrement différentes d’un moment à l’autre
• Des lacunes de mémoire ou des périodes de « temps manquant »

Dans le SSPT, la dissociation peut prendre la forme de flashbacks, d’engourdissement émotionnel ou de difficulté à intégrer les souvenirs traumatiques dans le présent. Bien qu’elle protège initialement contre la douleur accablante, elle peut à long terme nuire à la connexion émotionnelle et à la conscience de soi.

Trouver l’équilibre : la zone Goldilocks de la dissociation

La dissociation saine se situe dans ce que l’on pourrait appeler la zone Goldilocks – ni trop, ni trop peu. Ici, la dissociation nous permet de :

• Nous adapter facilement à différents rôles et situations
• Nous protéger de la surcharge émotionnelle tout en restant connectés à nos sentiments
• Intégrer progressivement les expériences ou émotions difficiles dans un sentiment cohérent du soi

Cet équilibre commence souvent dès l’enfance, à travers des relations sécurisantes avec les figures d’attachement. Ces personnes soutiennent les enfants, les aident à nommer et à vivre leurs émotions, posant ainsi les bases d’états du soi flexibles et sains. À l’inverse, les traumatismes ou négligences précoces peuvent perturber ce processus et entraîner des difficultés de dissociation plus tard.

Conclusion

En embrassant la complexité et l’adaptabilité de l’esprit, nous pouvons faire face aux exigences de la vie, maintenir notre équilibre et évoluer.

Comprendre la dissociation nous permet de regarder nous-mêmes et les autres avec une compassion plus profonde, en reconnaissant que même les mécanismes de défense les moins adaptés proviennent d’un besoin de survie.

Auteur : Ema D.
Mis à jour : 23/01/2025

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