Chaque jour, nous sommes bombardés de messages sur la façon de perdre du poids rapidement, de paraître « mieux » ou de contrôler notre poids. Les régimes sont devenus une norme culturelle, et maigrir – un objectif presque universel. Et pourtant, la majorité des personnes qui suivent un régime n’arrivent pas à maintenir les résultats à long terme. Pourquoi ?
La réponse n’est pas un manque de volonté, mais la biologie humaine. Derrière ce phénomène se trouve une théorie solidement étayée par la recherche : la théorie du point de consigne.
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Selon la théorie du point de consigne, chacun de nous possède une plage de poids biologiquement déterminée, influencée par des facteurs génétiques, hormonaux et métaboliques. Lorsque nous descendons en dessous de ce point, le corps active des mécanismes de « protection » : le métabolisme ralentit, la faim augmente et le niveau d’énergie baisse. C’est comme si l’organisme disait : « Que fais-tu ? C’est dangereux ici. Remonte ! »
C’est pourquoi, après une période de régime, la plupart des gens reprennent le poids perdu. Les études montrent que 80 % à 95 % des personnes au régime reviennent à leur poids initial en 1 à 5 ans. Certaines prennent même plus de poids qu’au début. Ce phénomène, appelé effet yo-yo, est profondément frustrant et souvent accompagné de honte, de culpabilité et d’une baisse de l’estime de soi.
Malheureusement, le régime chronique n’est pas seulement inefficace : il peut devenir dangereux. La restriction alimentaire sévère est l’un des principaux facteurs de risque pour le développement de troubles alimentaires tels que l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse ou l’hyperphagie boulimique (binge eating disorder).
Beaucoup de personnes qui commencent « innocemment » un régime finissent par vivre dans un cycle épuisant de restriction, fringales intenses, alimentation excessive et culpabilité. Ce modèle peut rapidement devenir un trouble grave, qui affecte non seulement le corps, mais aussi la santé mentale, les relations et la qualité de vie.
Un aspect essentiel mais moins connu est que notre poids est largement influencé génétiquement. Les études sur les jumeaux et les enfants adoptés montrent que 60 % à 70 % de la variation du poids est déterminée par l’hérédité. Tout comme la taille, la structure de notre corps possède une base biologique.
De plus, lorsque nous suivons des régimes sévères, les hormones qui régulent la faim et la satiété (comme la leptine et la ghréline) sont affectées. Les niveaux de leptine, qui donne la sensation de satiété, diminuent, tandis que la ghréline – l’hormone de la faim – augmente. Ces déséquilibres persistent même un an après l’arrêt du régime.
La solution n’est pas un autre régime, mais un changement de perspective. L’objectif ne devrait pas être « maigrir à tout prix », mais construire une relation saine avec la nourriture, le corps et soi-même.
Une alimentation régulière, équilibrée et sans restrictions extrêmes aide le corps à se sentir en sécurité. Quand il n’est plus affamé ou menacé, il n’a plus besoin de réagir par des fringales, des épisodes de binge eating ou du stockage de graisse. Parallèlement, un accompagnement psychologique aide à comprendre les causes profondes de la relation à la nourriture — du perfectionnisme à l’anxiété, des traumatismes au besoin de validation.
Les régimes ne sont pas la solution. En réalité, dans de nombreux cas, ils peuvent être le début d’une relation conflictuelle et douloureuse avec son propre corps.
La véritable santé ne signifie pas se priver pour atteindre un idéal extérieur, mais apprendre à écouter son corps, manger intuitivement et vivre avec plus de compassion envers soi-même.