Bien que de nombreux leaders reconnaissent l’importance de l’empathie en théorie, la réalité sur le terrain montre autre chose. Selon le rapport « State of Workplace Empathy 2024 », 55 % des CEO pensent être empathiques, mais seuls 28 % des employés et 22 % des professionnels RH sont d’accord. Cet écart révèle un problème majeur : l’empathie est souvent mal comprise ou appliquée de façon superficielle.
Un leader qui rejette l’empathie risque de créer un climat toxique, un faible moral, un fort turnover et une épuisement émotionnel. De plus, l’absence d’empathie entraîne des ruptures dans la communication, une perte de confiance et des difficultés dans la prise de décisions.
Fox / Pexels
Mais comment pratiquer l’empathie de manière authentique, sans tomber dans l’excès émotionnel ou l’idée fausse selon laquelle elle serait une « faiblesse » ? Voici quelques directions essentielles pour les leaders :
Sans langage commun ni protocole clair, l’empathie peut tout signifier — ou rien. Il est essentiel que l’équipe de direction définisse :
• Ce que signifie l’empathie dans le contexte spécifique de l’organisation
• Comment elle se manifeste concrètement (écoute active, prise de perspective, tolérance à l’incertitude)
• Comment elle se relie à la performance et à la responsabilité
• Ce que les collègues peuvent attendre les uns des autres en matière de soutien émotionnel
L’empathie réelle consiste à créer un espace pour l’expérience de l’autre, et non à ramener la conversation à votre propre vécu. L’écoute active, les questions ouvertes et une présence consciente sont plus précieuses que n’importe quel conseil ou comparaison personnelle.
Un leader empathique ne se laisse pas absorber par les émotions d’un seul employé au détriment de toute l’équipe. Il est important de recueillir des perspectives variées, d’écouter sans se laisser « contaminer » émotionnellement et de prendre des décisions éclairées qui soutiennent à la fois l’individu et le groupe.
L’empathie efficace ne signifie pas sauver, mais soutenir. Posez des questions telles que :
• Que se passe-t-il exactement ?
• Quel soutien est nécessaire — pour la personne concernée, pour l’équipe, pour vous ?
• Qui peut offrir le soutien le plus approprié ?
• Comment faciliter l’accès à ce soutien ?
L’empathie sans limites mène à l’épuisement. Les leaders ont besoin d’espace pour leurs propres besoins, pour penser stratégiquement et prendre des décisions claires. Fixez des limites concernant le temps disponible, le type de soutien offert et préservez votre énergie pour les décisions à fort impact. Ces limites deviennent aussi un modèle pour les autres.
Évitez des expressions telles que « Je sais exactement ce que tu ressens » ou « Au moins… ». Elles peuvent sembler réconfortantes, mais invalident souvent l’expérience de l’autre. À la place :
• Validez l’émotion : « Je comprends que tu sois inquiet… »
• Montrez de l’ouverture : « Dis-m’en plus sur… »
• Soyez authentique : « Je ne sais pas exactement quoi dire, mais je suis content que tu l’aies partagé avec moi. »
L’empathie n’est ni un « luxe » ni un « détail optionnel » en leadership, mais une compétence fondamentale qui s’exerce par l’écoute, les bonnes questions, la présence et des limites claires. Il ne s’agit pas de ressentir ce que ressentent les autres, mais de mieux comprendre ce qu’ils vivent et ce dont ils ont besoin — pour leur bien-être et celui de l’équipe.